Affaire Zogo : Ayissi Nanga arrêté après son cri d’alarme
Cinq jours après avoir déclaré détenir les preuves sur les commanditaires du meurtre de Martinez Zogo, le lieutenant-colonel a été interpellé à son domicile de Yaoundé.
Le 13 octobre 2026, il est entré tremblant dans la salle d’audience du Tribunal militaire de Yaoundé. Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait a créé la stupeur en faisant irruption en pleine audience, affirmant détenir les preuves relatives à l’assassinat de Martinez Zogo et à ses véritables commanditaires. Quatre jours plus tard, il était arrêté à son domicile.
Un appel de détresse ignoré
Dans sa correspondance enregistrée le 13 octobre 2026 à la Direction de la justice militaire, le lieutenant-colonel écrit : « Après l’expédition menaçante et même la tentative d’homicide dont j’ai été victime à Ebolowa dans la nuit du 19 au 20 août dernier, j’ai la certitude d’être surveillé. » Il demandait la protection du tribunal pour témoigner et avait adressé copie de sa lettre au ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo.
L’officier n’est pas un inconnu dans ce dossier. Ancien commandant du Groupement territorial de gendarmerie du Mfou, il avait fait partie de la commission mixte d’enquête, avant d’en être écarté après avoir émis des réquisitions directes auprès des opérateurs de téléphonie mobile pour tracer les communications et comprendre qui avait ordonné des coupures internet ciblées sur les téléphones du commando de la DGRE au moment des faits.
Une arrestation sans mandat
Le samedi 17 octobre 2026, à 16h47, une escouade de gendarmes conduite par le colonel Joseph Désiré Nguele, commandant de la Légion de gendarmerie du Centre, s’est présentée au domicile du quartier Golf à Yaoundé. L’officier aurait reproché à ses interlocuteurs de ne pas disposer de mandat d’amener, comme l’exige la loi.
Dans un audio en circulation, on peut l’entendre dire à l’officier venu l’arrêter : « En vous respectant, je vous demande de ne pas mettre vos mains dans mon sang, mon colonel. »
Libéré, mais pour combien de temps ?
Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait a été remis en liberté le dimanche 18 octobre 2026, au terme de son audition dans les locaux du Secrétariat d’État à la Défense. Il reste convoqué et à la disposition entière de la justice. Pour l’analyste Moussa Njoya, l’interpellation, la détention et l’éventualité d’une inculpation ont définitivement jeté un profond discrédit sur la suite de cette affaire .
La question que tout Yaoundé pose : pourra-t-il encore témoigner librement ?
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