Port de Kribi : 151e mondial au classement CNUCED
Avec sa 151e place au classement CNUCED 2026, le Port de Kribi dynamise l'économie camerounaise et s'impose comme un hub logistique majeur en Afrique centrale.
Huit ans seulement après sa mise en exploitation commerciale, le Port Autonome de Kribi (PAK) franchit un cap décisif sur l'échiquier maritime international. Selon le dernier indice de connectivité portuaire de la CNUCED publié au deuxième trimestre 2026, l'infrastructure camerounaise se hisse au 151e rang sur 925 ports évalués. Elle intègre ainsi le cercle très fermé des 17 % de places portuaires les mieux connectées au monde, tirant à elle seule le Cameroun vers le haut (53e rang mondial des économies).
Une croissance stimulée par la confiance des armateurs
L'indice de la CNUCED ne se contente pas de recenser les infrastructures ; il évalue l'insertion réelle dans les chaînes logistiques mondiales. Avec un score de 172,8 points (en hausse de 13,4 % sur un an) contre une moyenne mondiale de 100, Kribi surperforme. Cette dynamique s’appuie sur la présence de cinq mastodontes du transport de conteneurs : MSC, CMA CGM, COSCO Shipping, Maersk et Marguisa.
À travers six services réguliers, ces géants maritimes relient désormais directement le Cameroun à l'Asie, l'Europe occidentale et le reste du golfe de Guinée. La traduction de cette confiance est immédiate sur les quais : le port est passé de 295 escales en 2018 à 559 en 2025, traitant plus de 555 000 équivalents vingt pieds (EVP), soit une forte progression annuelle de 19 %.
Des atouts structurels indéniables face à la concurrence
Les performances du PAK, dirigé par Patrice Melom, reposent sur des avantages comparatifs clairs. Son tirant d’eau de 16 mètres lui permet d'accueillir des navires de 400 mètres de long pouvant transporter jusqu'à 24 000 EVP. Une capacité de traitement annuelle d’un million d’EVP lui confère les moyens de ses ambitions régionales. Cette massification des flux permet aux opérateurs économiques camerounais, mais aussi tchadiens et centrafricains, de réduire drastiquement les ruptures de charge et les coûts liés aux transbordements.
Le défi crucial du désenclavement terrestre
Si la bataille maritime est en passe d'être gagnée, le véritable enjeu commercial se déplace aujourd'hui vers l'hinterland. Pour transformer cette connectivité maritime en gains macroéconomiques, Kribi doit fluidifier son maillage terrestre. Deux projets structurants sont sur les rails : d'une part, le bitumage de l'axe routier Ebolowa-Akom II-Kribi, fort d'un financement de 138,23 milliards de FCFA sécurisé fin 2025 auprès de la Standard Chartered Bank ; d'autre part, le projet ferroviaire Édéa-Kribi-Lolabé-Campo, dont les études de faisabilité ont été officiellement lancées en juin 2026 par l'État, CAMALCO et Africa Global Logistics.
En consolidant ces corridors de desserte, le Port de Kribi s'assurera non seulement de drainer efficacement les volumes commerciaux sous-régionaux, mais s'imposera également comme le bras armé logistique de l'intégration économique portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
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