Bourse des déchets : le ministère résiste à la Primature

Deux mois après l'instruction du Premier ministre de suspendre la Bourse Nationale des Déchets, le MINEPDED continue d'appliquer la circulaire sur le terrain.

30 Sep 2026 - 02:42
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Bourse des déchets : le ministère résiste à la Primature

Le 1er juillet 2026, le Secrétariat Général des Services du Premier ministre adressait au ministre de l'Environnement un courrier sans ambiguïté : rapporter la lettre-circulaire n°001/LC/MINEPDED du 12 février 2026, qui rendait obligatoire l'utilisation de la plateforme numérique de la Bourse Nationale des Déchets (BND). Deux mois plus tard, cette instruction est restée lettre morte.

Un arbitrage politique ignoré

Le courrier de Séraphin Magloire Fouda, Secrétaire Général des Services du Premier ministre, était pourtant explicite. La mise en place de la BND et de son manifeste de traçabilité « nécessitent encore des concertations élargies, aux fins de déterminer un cadre réglementaire opérationnel, consensuel et approprié ». Le Premier ministre demandait également la transmission de toute la documentation relative à la BND à son Conseiller Spécial n°3.

Rien de tout cela ne s'est produit. Sur le terrain, les collaborateurs du MINEPDED continuent de refuser la délivrance des manifestes de traçabilité aux opérateurs, les renvoyant systématiquement vers les dispositions de la circulaire du 12 février 2026 — celle-là même que la Primature a ordonné de suspendre.

Le GECAM monte au créneau

Dans un courrier daté du 28 août 2026 et copié aux secrétariats généraux de la Présidence de la République et de la Primature, le président du Groupement des Entreprises du Cameroun, Célestin Tawamba, documente ce blocage avec précision. Il rappelle la chronologie : saisine du ministère le 7 avril, séance de travail le 12 juin dans les services du Premier ministre, instruction du 1er juillet. Et le constat, implacable : « À ce jour, cette instruction du Premier ministre est restée sans effet. »

Le GECAM dénonce une situation qui « crée une grave insécurité juridique préjudiciable aux opérateurs économiques » et « porte atteinte à la confiance légitime de ceux-ci envers les institutions de l'État ». Des termes forts, mais mesurés, qui traduisent une rupture de confiance entre le secteur privé et une administration qui résiste à son propre gouvernement.

Une résistance qui interroge

Ce blocage soulève une question centrale : pourquoi un ministère appliquerait-il un texte que la Primature a formellement ordonné de retirer ? Aucune réponse officielle du MINEPDED n'a été rendue publique. Tant qu'il n'aura pas formellement rapporté la circulaire et transmis des instructions claires à ses services, les opérateurs de la filière resteront suspendus entre deux régimes juridiques contradictoires.

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