BABENGA / CRISE FONCIÈRE: QUAND LE PRÉFET DU MOUNGO A DIT STOP

Maintien de l'ordre, enquête administrative, rapport de l'arrêté de Modi Dissake: comment l'autorité a mis fin à 13 ans de chaos et redonné espoir à 14 familles.

26 Octobre 2026 - 08:32
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BABENGA / CRISE FONCIÈRE: QUAND LE PRÉFET DU MOUNGO A DIT STOP

Pendant 13 ans, Babenga a vécu dans la peur, la division et l'injustice. 13 ans de crise foncière larvée, de terres arrachées, de familles chassées, de chefferie contestée. 13 ans où le petit village de l'arrondissement de Dibombari, dans le département du Moungo, était au bord de l'explosion.

Il a fallu qu'un homme dise STOP. Le Préfet du Moungo.

Dans son édition du 16 octobre 2026, le journal Alerte Infos titre: « Quand le Préfet du Moungo a dit STOP ». Une titraille qui résume à elle seule l'acte d'autorité, de courage et de justice qui vient de restaurer la paix à Babenga.

Ce n'est pas juste une affaire de terres. C'est l'histoire de comment l'Administration, quand elle écoute, peut réparer 13 ans d'erreurs.

MAINTIEN DE L'ORDRE: LE PRÉFET DESCEND DANS L'ARÈNE

Tout commence par une quasi-insurrection. À Babenga, la tension est à son paroxysme. D'un côté, 14 familles autochtones qui se disent spoliées de leurs terres ancestrales. De l'autre, un chef contesté, Modi Dissake, accusé d'utiliser la chefferie comme un instrument d'accaparement foncier.

Le village est au bord de l'affrontement physique. Les couteaux sont presque tirés.

Informé de la situation, le Préfet du Moungo ne reste pas dans son bureau climatisé de Nkongsamba à signer des papiers. Il fait ce que peu d'autorités font encore: il descend personnellement à Babenga.

Il convoque tout le monde. Il écoute. Les vieilles mamans, les jeunes, les 14 familles plaignantes, et le chef lui-même. Il calme les esprits. Et il prononce cette phrase qui restera dans les annales de Babenga et qui fait la Une d'Alerte Infos:

« Un chef est posé par la population pour la servir, et non pour la spolier. »

En une phrase, tout est dit. Le Préfet rappelle la philosophie même de la chefferie traditionnelle au Cameroun. Le chef n'est pas un roi foncier. Il est le serviteur de son peuple. S'il spolie, il trahit le pacte.

Par sa seule présence et cette parole forte, il évite un bain de sang.

L'ENQUÊTE ADMINISTRATIVE: FAIRE LA LUMIÈRE, PAS DE DISCOURS

Beaucoup se seraient arrêtés là. Un discours, une poignée de mains, et on rentre. Pas le Préfet du Moungo.

Au lieu de se contenter de discours, il ordonne immédiatement l'ouverture d'une enquête administrative approfondie. Il veut savoir: comment Modi Dissake a-t-il été désigné chef de Babenga ? Dans quelles conditions ? L'arrêté d'homologation qui le nomme respecte-t-il les us et coutumes ? Les consultations de la population ont-elles été régulières ?

C'est une décision chirurgicale. Il ne prend pas parti. Il demande la vérité. Il instruit ses services, le sous-préfet de Dibombari, les services des affaires traditionnelles, de remonter toute la procédure depuis le début.

Et ce que l'enquête révèle est accablant: la désignation de Modi Dissake comme chef de Babenga souffre de graves irrégularités. Le processus a été biaisé, la population n'a pas été véritablement consultée, et l'arrêté d'homologation repose sur des bases fragiles.

L'ACTE DE COURAGE: RAPPORTER L'ARRÊTÉ DE MODI DISSAKE

C'est ici que l'histoire bascule et que le Préfet entre dans l'histoire de Babenga.

Au Cameroun, il est extrêmement rare qu'une autorité administrative reconnaisse qu'elle s'est trompée et qu'elle rapporte son propre acte. Il faut un courage politique immense. C'est ce qu'il a fait.

Fort des conclusions de l'enquête administrative, le Préfet du Moungo prend l'acte le plus courageux: il rapporte l'arrêté d'homologation désignant Modi Dissake comme chef de Babenga.

Il annule la nomination.

Un séisme à Dibombari. Pour les 14 familles spoliées, c'est la délivrance. C'est la fin de 13 ans de cauchemar. Pour la population de Babenga, c'est la preuve que l'État peut encore être juste.

Comme le souligne Alerte Infos, cet acte a été salué par les populations comme « la preuve que l'administration a eu l'honnêteté de corriger une erreur ».

Il faut comprendre la portée: en rapportant cet arrêté, le Préfet ne règle pas seulement un problème de chefferie. Il coupe la source même de la crise foncière. Car à Babenga, le pouvoir traditionnel était devenu l'arme d'accaparement des terres. En destituant le chef contesté, on rend leurs terres aux 14 familles et on redonne au village la possibilité de revivre la paix avec un chef légitime, aimé et serviable.

PLUS QU'UN CONFLIT FONCIER, UNE RESTAURATION DE LA CONFIANCE

Comme l'écrit si bien notre confrère Alerte Infos en conclusion de sa Une:

« À Babenga, le Préfet du Moungo n'a pas seulement réglé un conflit foncier. Il a restauré la confiance entre l'administration et la population. »

Pendant 13 ans, les habitants de Babenga pensaient que l'Administration était complice, sourde, lointaine. En une descente, une enquête et un acte de courage, le Préfet du Moungo a prouvé le contraire.

Il a prouvé qu'un Préfet, c'est d'abord le père de tous les enfants du département. Il a prouvé qu'un arrêté préfectoral n'est pas une parole d'évangile et qu'il peut être rapporté quand il est injuste. Il a prouvé que la paix ne se décrète pas avec des gendarmes, mais avec de la justice.
Aujourd'hui, Babenga respire.

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