CSTAR : quand l’énergie devient un levier d’emplois et de souveraineté économique
Comme de nombreux pays à travers le monde, le Cameroun fait également face à un défi majeur en matière d’emploi, en particulier chez les jeunes générations en quête d’opportunités et de stabilité économique.
Aujourd’hui, la création d’emplois n’est plus seulement un indicateur économique, mais une condition essentielle pour préserver la stabilité sociale, renforcer la classe moyenne et offrir une perspective d’avenir à toute une génération.
Chaque année, des centaines de milliers de nouveaux entrants arrivent sur le marché du travail, alors que les secteurs traditionnels peinent encore à absorber cette croissance démographique rapide. C’est précisément dans ce contexte que le projet « CSTAR » prend toute son importance, non seulement comme raffinerie et dépôt, mais comme moteur industriel et levier économique de long terme.
Dans une économie émergente comme celle du Cameroun, un projet stratégique ne se mesure pas uniquement au nombre de barils qu’il produit chaque jour, mais aussi au nombre d’emplois qu’il crée, aux compétences qu’il développe et à la dynamique économique qu’il génère autour de lui. Les grands projets industriels ne transforment pas seulement le secteur énergétique ; ils redessinent le marché du travail, façonnent une nouvelle classe professionnelle et ouvrent la voie à une économie plus productive, plus stable et plus durable.
Dès sa phase de construction, le projet nécessitera des centaines d’emplois directs : ingénieurs, techniciens, experts logistiques, ouvriers spécialisés, sous-traitants locaux et entreprises de services. Une fois opérationnelle, la raffinerie mobilisera des compétences dans l’exploitation industrielle, la maintenance, la sécurité, le contrôle des systèmes, l’analyse technique et la gestion des infrastructures, créant ainsi des emplois stables et à forte valeur ajoutée.
Il en est de même du dépôt de réserves stratégiques de produits pétroliers, doté d'une capacité de stockage de 250 000 tonnes métriques extensible, qui générera également des centaines d'emplois directs.
Mais l’impact réel d’un projet de cette ampleur dépasse largement les emplois directs. Chaque poste créé au sein d’une infrastructure énergétique génère tout un écosystème d’activités connexes : transport, stockage, services portuaires, sécurité, restauration, maintenance, commerce local et logistique. Les études économiques consacrées aux secteurs du raffinage et de l’énergie démontrent qu’un emploi industriel direct peut entraîner la création de trois à cinq emplois indirects dans l’économie environnante.
Le projet « CSTAR » conduira ainsi à la création d’environ 2 500 emplois directs et indirects. Il s’impose dès lors comme l’un des projets industriels les plus structurants pour l’économie locale, capable de générer une dynamique de croissance durable à Kribi et bien au-delà.
Outre son impact économique immédiat, le projet « CSTAR » s’inscrit pleinement dans les grands piliers de la SND30 (Stratégie Nationale de Développement 2020-2030) du Cameroun, dont l’objectif central repose sur la transformation structurelle de l’économie nationale, l’accélération de l’industrialisation et la création d’emplois durables pour la jeunesse camerounaise.
Pendant des décennies, le Cameroun-comme de nombreuses économies africaines-a exporté ses matières premières tout en important la valeur ajoutée. Avec « CSTAR », le pays amorce progressivement une logique différente : celle d’une économie capable de transformer davantage de valeur localement, de renforcer son tissu industriel et de construire des compétences nationales dans des secteurs stratégiques à haute valeur ajoutée.
Le projet peut ainsi devenir une véritable école industrielle pour les compétences camerounaises, en offrant des emplois mieux qualifiés, des salaires plus compétitifs et de réelles perspectives d’évolution professionnelle pour la jeunesse. Il contribue également à renforcer l’autonomie énergétique et industrielle du pays, deux axes centraux de la stratégie nationale de développement.
À cela s’ajoute l’avantage stratégique de Kribi. Grâce à sa position portuaire et à son ouverture maritime, la ville possède le potentiel nécessaire pour devenir une plateforme énergétique et logistique régionale au sein de la zone CEMAC. Cette dimension régionale renforcera naturellement la demande en main-d’œuvre qualifiée, en services techniques et en activités industrielles connexes.
Dans cette perspective, le projet dépasse largement le cadre énergétique. Il devient un instrument de souveraineté économique, de montée en compétence industrielle et de consolidation du capital humain, en parfaite cohérence avec les ambitions portées par la SND30.
Dans un monde où la compétition économique se joue désormais autour des industries à forte valeur ajoutée, l’emploi industriel devient bien plus qu’une simple opportunité professionnelle : il devient un outil de stabilité économique et sociale. C’est pourquoi l’importance de « CSTAR » ne réside pas uniquement dans la production de carburants, mais également dans sa capacité à produire de l’emploi, à développer les compétences nationales et à restaurer la confiance dans la possibilité de bâtir une véritable économie industrielle au Cameroun.
Car un projet comme « CSTAR » ne raconte pas simplement l’histoire d’une nouvelle raffinerie. Il peut marquer le début d’une transformation économique profonde, où l’énergie devient un instrument de développement, le raffinage une plateforme de création d’emplois, et l’industrie un pont vers une économie camerounaise plus stable, plus souveraine et plus durable.



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