Cameroun : Les OSC féministes, actrices clés de la paix à Bafoussam
Soutenues par l'AFD, six OSC renforcent leurs capacités à Bafoussam pour consolider la paix et la cohésion sociale dans les régions camerounaises en crise.
Bafoussam, Cameroun – Le Cameroun franchit une étape décisive dans la consolidation de la paix et la promotion du leadership féminin. Une session de renforcement des capacités, soutenue par l'Agence Française de Développement (AFD), a réuni à Bafoussam les représentantes de six Organisations de la Société Civile (OSC) féministes. Ces actrices clés sont engagées dans la mise en œuvre de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité (FPS) dans les zones du pays touchées par la crise sociopolitique.
Cette initiative s'inscrit dans la deuxième vague du projet Femmes, Paix et Sécurité en Afrique Centrale (FPS-AC), financé par l'AFD via le Fonds de Soutien aux Organisations Féministes (FSOF) du Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères. Après une première phase réussie, cette nouvelle étape vise à élargir l'impact et à consolider les acquis en formant de nouvelles organisations bénéficiaires de subventions.
Des régions en crise au cœur de l'intervention
Les actions de ces OSC ciblent prioritairement les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, épicentres de la crise, ainsi que le Littoral et l'Ouest, devenus des zones d'accueil majeures pour les personnes déplacées internes. Élise Pierrette Moung Meno, coordonnatrice FPS-AC Cameroun au sein de l'Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes (ALVF), souligne la pertinence de cette approche :
« Les zones ciblées sont liées à l’ampleur de la crise. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest restent prioritaires, mais le Littoral et l’Ouest sont également fortement impactés par les déplacés. »
Les organisations sélectionnées sont profondément ancrées dans leurs communautés et jouent un rôle actif dans la participation des femmes à la prévention des conflits et à la cohésion sociale.
Une formation stratégique pour un impact durable
Pendant trois jours, 18 participantes et participants – incluant des responsables d'organisations, des chargés de suivi-évaluation et des comptables – ont bénéficié d'une formation intensive. Les modules abordés ont couvert des aspects cruciaux tels que les outils de suivi-évaluation, la gestion financière et les mécanismes de décaissement, la capitalisation des expériences, et les piliers fondamentaux de la Résolution 1325 des Nations unies. Cette formation est une étape préalable indispensable avant la signature des contrats de subvention, garantissant ainsi l'harmonisation des pratiques, la transparence et une redevabilité conforme aux exigences du projet et de ses bailleurs.
La coordonnatrice insiste sur la vision à long terme :
« Notre horizon, c’est un vivre-ensemble durable : une paix construite avec les femmes comme actrices centrales. »
Résilience économique et cohésion sociale : des actions concrètes
Parmi les bénéficiaires de cette deuxième vague figure l'ONG Hurac, basée à Bandjoun et Bangangté, et dirigée par Myriam Chimene Magni. Son projet met l'accent sur la résilience économique et sociale des femmes affectées par la crise.
« Nous travaillons sur la formation, la prévention et l’autonomisation. Nous mettons ensemble déplacées internes et femmes hôtes autour d’activités génératrices de revenus. Cela renforce à la fois la cohésion sociale et la résilience », explique Myriam Chimene Magni.
Pour la directrice d'Hurac, la formation reçue est déterminante :
« La gestion, le suivi et la capitalisation sont essentiels pour la transparence et la redevabilité. Cette formation nous arme concrètement pour produire un impact réel dans nos communautés. »
La première vague de subventions avait déjà posé les bases d'une intervention structurée autour des quatre piliers de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité : participation, protection, prévention et relèvement. Avec cette deuxième vague, le projet FPS-AC entre dans une phase d'élargissement stratégique, intégrant de nouvelles organisations féministes capables de relayer les actions au plus près des communautés affectées. L'objectif est clair : bâtir une paix inclusive et durable, où les femmes ne sont plus seulement bénéficiaires, mais architectes du changement social. À Bafoussam, au-delà des modules techniques et des signatures officielles, c'est une vision qui se consolide : celle d'un Cameroun où la reconstruction passe par le leadership féminin, la solidarité communautaire et une gouvernance locale renforcée.
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