Guerre des Scanners : Louis Paul Motaze, l’homme qui fait trembler l’édifice gouvernemental ?

20 Fév 2026 - 12:45
Mis à jour: 4 mois il y a
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Guerre des Scanners : Louis Paul Motaze, l’homme qui fait trembler l’édifice gouvernemental ?

Alors que le décret présidentiel de 2019 consacre la souveraineté du Port Autonome de Douala (PAD) sur l'ensemble de ses activités, le Ministre des Finances (MINFI) semble mener une politique de « deux poids, deux mesures ». Entre le blocage de l'autonomie technique de la Douane et le traitement de faveur accordé au Port de Kribi, l'action de Louis Paul Motaze soulève une question brûlante : qui sert-il réellement ?

Le Port de Douala-Bonabéri est devenu le théâtre d'un paradoxe administratif qui frise l'insubordination. D'un côté, une volonté présidentielle claire de nationalisation ; de l'autre, une tutelle financière qui utilise l'arme budgétaire pour maintenir des intérêts privés étrangers au détriment de l'expertise nationale.

Le Mystère de Kribi vs Douala : Une République, deux règlements 

L'un des points les plus opaques de cette affaire réside dans la différence de traitement entre les deux poumons portuaires du pays. Pourquoi le Directeur Général du Port Autonome de Kribi (PAK) jouit-il de la latitude nécessaire pour contracter librement une société de scanning, alors que le Directeur Général du PAD, Cyrus Ngo'o, est sommé par le MINFI de se plier au diktat de la SGS ?. Cette rupture d'égalité entre établissements publics interroge sur la stratégie de Louis Paul Motaze. En forçant le retour de la SGS à Douala par le biais de pressions sur les salaires, le MINFI semble ignorer le décret de 2019 portant réorganisation du PAD, lequel « nationalise » de fait toutes les activités exercées sur la place portuaire.

Douane Camerounaise : Pourquoi l'asphyxie technique ?

Le conflit ne s'arrête pas aux quais du port. Il s'étend aux bureaux de la Direction Générale des Douanes. Une question fondamentale demeure : qu'est-ce qui empêche réellement le Ministère des Finances de doter la Douane de son propre matériel de scanning ? Plutôt que d'investir dans un équipement régalien géré par des fonctionnaires camerounais, le MINFI préfère maintenir une dépendance envers un prestataire extérieur dont les failles sécuritaires — notamment le passage d'armes et de chars non scannés — sont pourtant documentées. Cette "corruption de l'intérêt général" prive les douaniers de leur outil de travail souverain au profit d'une "boîte noire" technologique étrangère.

Le Décret de 2019 : Un texte piétiné ?

En 2019, le Président de la République a réorganisé le PAD pour lui redonner le contrôle total de sa chaîne de valeur. En imposant la SGS et en évinçant l'opérateur national TransAtlantic, Louis Paul Motaze ne s'attaque pas seulement à une entreprise locale ; il fragilise l'autorité du Chef de l'État.

« Défendre la SGS aujourd'hui, ce n'est pas défendre la performance, c'est défendre les privilèges d'un réseau qui refuse que le Cameroun grandisse », affirme l'analyste Philémon Kuate.

Une fracture au sein du gouvernement

Ce bras de fer met à mal la cohésion gouvernementale. En s'opposant frontalement aux velléités d'autonomie du PAD et en maintenant la Douane dans une infériorité technique, le MINFI semble s'ériger en pouvoir autonome. L'utilisation des salaires des agents publics comme levier de négociation pour rétablir un contrat suspendu par la présidence marque un dangereux précédent dans la gestion des affaires de l'État.

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