Police camerounaise : Martin Mbarga Nguele serre la vis
Le DGSN dénonce les dérives vestimentaires et l'usage irresponsable du web. Sanctions fermes prévues pour restaurer l'image de la Sûreté nationale.
Yaoundé, le 13 mars 2026 – Le message est clair : la récréation est terminée dans les rangs de la police camerounaise. À travers une circulaire d'une fermeté rare signée ce jour, le Délégué général à la Sûreté nationale (DGSN), Martin Mbarga Nguele, a lancé une vaste offensive contre l'indiscipline qui s'est installée au sein du corps, tant sur le plan physique que numérique.
La fin de l’« anarchie vestimentaire »

Le patron de la police fustige un relâchement inacceptable de la tenue. Martin Mbarga Nguele pointe du doigt des agents arborant des uniformes non réglementaires, agrémentés de coiffures extravagantes, de chaussures inappropriées, voire de piercings et de chevillières. Ces accessoires, jugés incompatibles avec la déontologie policière, sont désormais formellement proscrits.
La directive réaffirme une règle d’or : le port strict de l’uniforme homologué. Seuls les grades officiels et le badge d’identification sont autorisés. Quant aux distinctions honorifiques étrangères, leur port est désormais soumis à l'autorisation préalable du chef de l'État. L'objectif est limpide : uniformiser l'apparence des forces de l'ordre pour restaurer l'autorité de l'institution.

Réseaux sociaux : une ligne rouge infranchissable
Au-delà de l'apparence, c'est le comportement des policiers dans l'espace numérique qui inquiète la hiérarchie. Le DGSN dénonce une exposition « irresponsable » sur les réseaux sociaux. Sont désormais interdites, sauf autorisation expresse :
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Les publications de photos ou vidéos en uniforme jugées équivoques ;
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Les prises de position publiques sur des sujets sensibles d'intérêt national ;
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L'expression d'opinions personnelles en tenue.
Cette reprise en main vise à préserver le devoir de réserve et la neutralité, piliers fondamentaux de la Sûreté nationale.
Tolérance zéro pour les fuites de documents
Le volet le plus critique de cette circulaire concerne la sécurité de l'information. Martin Mbarga Nguele s'insurge contre la multiplication des fuites de documents classés « confidentiel » ou « secret » sur Internet. Pour le DGSN, ces actes constituent une trahison du serment professionnel.
Les sanctions annoncées sont sans concession : tout contrevenant sera systématiquement traduit devant le Conseil de discipline, sans préjudice de poursuites judiciaires. En ordonnant une application immédiate de ces consignes dans toutes les unités du pays, le patron de la police entend redonner ses lettres de noblesse à une institution qu'il veut exemplaire, disciplinée et respectueuse de ses propres règlements











