Santé : Le Cameroun pose la première pierre de son indépendance pharmaceutique
Le Premier ministre, chef du gouvernement, Dr Joseph Dion Ngute, représentant personnel du Chef de l’État, a présidé vendredi 3 octobre 2025 à Meyo, Yaoundé IV, la cérémonie historique de pose de la première pierre de l’usine pharmaceutique Yicheng. Ce projet, qui vise à révolutionner le système de santé camerounais, constitue une étape clé vers la souveraineté sanitaire et le développement industriel.
Vendredi dernier, une foule enthousiaste s’est rassemblée sur le site de Meyo, arrondissement de Yaoundé IV, pour assister à ce moment historique. La cérémonie, présidée par le Premier ministre Dr Joseph Dion Ngute, a réuni plusieurs membres du gouvernement, des autorités traditionnelles, des partenaires techniques et financiers, ainsi qu’un large public venu témoigner de l’importance de cet événement. Le projet de l’usine pharmaceutique Yicheng s’inscrit dans la vision du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, qui place la santé publique au centre des priorités nationales. En effet, plus de 90 % des médicaments consommés au Cameroun sont encore importés, exposant le pays à des ruptures d’approvisionnement et des coûts élevés. Le Premier ministre a rappelé que « la pandémie de Covid-19 a mis en lumière de manière encore plus frappante la fragilité de nos systèmes d’approvisionnement en médicaments et produits de santé essentiels. Cette situation a souligné l’urgence de développer une industrie pharmaceutique nationale solide, capable de satisfaire nos concitoyens tant en qualité qu’en quantité ». L’usine Yicheng, dont les travaux de construction ont officiellement débuté vendredi, est implantée sur un site stratégique de cinq hectares, à moins de cinq kilomètres de l’aéroport international de Nsimalen. Sa capacité de production annuelle est impressionnante : 100 millions de flacons de perfusion, 2 milliards d’ampoules injectables et 10 milliards de comprimés. Ces médicaments couvriront les besoins essentiels des formations sanitaires et des programmes prioritaires, incluant le Vih/Sida, la tuberculose, le diabète et l’hypertension.
Moteur de développement économique et social
Au-delà de l’amélioration de l’accès aux soins, ce projet représente un levier économique et social majeur. L’investissement initial de 30 milliards de Fcfa pour la phase pilote est financé sur fonds propres par des actionnaires camerounais et des partenaires chinois, sans recours à un emprunt bancaire, garantissant ainsi la solidité et l’indépendance du projet. Le Premier ministre, dans son discours, a salué l’impact social et économique attendu de cette initiative.« Vous conviendrez avec moi que cette future industrie se profile déjà comme un puissant vecteur de croissance inclusive, capable de dynamiser l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production des matières premières jusqu’à la distribution des médicaments et dispositifs médicaux essentiels » , dit-il.En effet, l’usine devrait générer à terme 1 000 emplois directs et 3 000 emplois indirects, offrant ainsi des opportunités aux jeunes diplômés et techniciens. Idriss Confiance Mbe, porteur du projet et président du groupe Yicheng, a exprimé sa fierté de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de leaders camerounais.« Nous militons pour l’émergence d’une nouvelle catégorie de jeunes, des leaders ambitieux et audacieux, capables de fédérer des partenaires, de monter des projets d’envergure et de les implémenter tout en assurant leur alignement sur les priorités nationales », fait-il savoir.
Acteur majeur de la production pharmaceutique en Afrique centrale
Le développement de ce projet est structuré en trois phases. La première, qui s’étend jusqu’en janvier 2027, se concentre sur la construction et la mise en service de l’usine. La deuxième phase, prévue entre 2027 et 2029, inclura l’extension de l’usine et la construction d’un complexe hospitalier ultramoderne doté d’un plateau technique complet. Enfin, la troisième phase, qui s’étendra jusqu’en 2035, visera le déploiement sous-régional en zone Cemac, la création d’un réseau de grandes pharmacies et la mise en place d’un centre de recherche et développement. Le maire de Yaoundé IV, Gabriel Bihina Efila, a également mis en avant l’importance stratégique de ce projet pour la ville et pour le Cameroun. « L’usine devrait bouleverser l’équilibre commercial du Cameroun et générer jusqu’à 3 000 emplois directs. Nous espérons que la part belle des recrutements sera réservée aux fils et aux filles de l’arrondissement de Yaoundé IV », a-t-il déclaré.Ce projet, fruit d’un partenariat sino-camerounais, est une réponse concrète aux défis sanitaires et économiques du pays. Il témoigne également de la volonté du Cameroun de s’ériger en acteur majeur de la production pharmaceutique en Afrique centrale. La pose de la première pierre à Meyo symbolise ainsi plus qu’un simple début de travaux. Elle marque l’engagement du gouvernement et de ses partenaires à bâtir un avenir meilleur pour les générations futures, en alliant santé publique, développement économique et innovation technologique.



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