VIH : le Cameroun franchit un cap avec le nouvel algorithme de dépistage à trois tests
Le pays renforce sa stratégie nationale de lutte contre le VIH grâce à une approche diagnostique plus fiable et désormais déployée sur tout le territoire.
Le Cameroun vient d’officialiser la mise en œuvre nationale du nouvel algorithme de dépistage du VIH à trois tests, garantissant une précision de diagnostic supérieure à 99 %. Cette innovation, adoptée en janvier 2024 et consacrée par la décision N°3015 du 8 juillet 2024, s’inscrit dans les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le ministre de la Santé publique, Dr MANAOUDA Malachie, a présenté ce mercredi 29 octobre au Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé Publique (CCOUSP), les avancées notables enregistrées depuis son introduction. Après une phase pilote réussie dans quatre régions, l’algorithme est désormais appliqué dans 3 371 formations sanitaires réparties dans les dix régions du pays, pour un budget de 330 millions FCFA.
La stratégie s’appuie aussi sur 77 organisations communautaires, mobilisées pour étendre l’accès au dépistage, notamment auprès des jeunes et des populations clés. Elle contribue à la triple élimination du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B de la mère à l’enfant : plus de 85 % des femmes enceintes reçues en première consultation prénatale bénéficient déjà du nouveau protocole.
Autre avancée majeure : la digitalisation du processus de dépistage à travers ScanForm, un outil intelligent basé sur l’intelligence artificielle qui transforme automatiquement les fiches papier en données intégrées au système national d’information sanitaire (DHIS2).
Le dispositif a également été intégré dans les banques de sang, renforçant la sécurité transfusionnelle. Ces performances valent au Cameroun une reconnaissance internationale, matérialisée par un Prix de l’innovation en diagnostic du VIH à la conférence CQUIN 2024 en Afrique du Sud.
Toutefois, le ministre de la santé publique a reconnu les défis persistants, notamment la baisse du financement extérieur. Il a appelé à une mobilisation accrue des ressources internes pour préserver la gratuité et l’équité d’accès aux services.
« Cette innovation est une victoire collective et une promesse d’avenir », a conclu le Dr MANAOUDA, réaffirmant l’engagement du Cameroun à éliminer le sida comme problème de santé publique d’ici 2030.











