Relèvement du Réseau Routier : Un Enjeu Majeur pour la Relance Économique Camerounaise
Yaoundé, ce mercredi 5 février. La Conférence semestrielle des services centraux et déconcentrés du Ministère des Travaux Publics (MINTP) s’est ouverte à l’École Nationale Supérieure des Travaux Publics. Placée sous le thème évocateur « Relèvement du réseau routier à l’aune du septennat des Grandes Espérances : un enjeu de la relance économique », cette rencontre stratégique intervient dans un contexte où la dégradation avancée de plusieurs axes majeurs du pays est devenue une préoccupation nationale.
Des corridors vitaux, tels que Yaoundé–Douala, Bertoua–Garoua Boulaï, Edéa–Kribi ou encore Bekoko–Limbé–Idénau, présentent aujourd’hui un état de détérioration préoccupant, impactant directement la mobilité des personnes et des biens, ainsi que la compétitivité de l’économie.
2026 : Année des Interventions d'Urgence et de la Reconstruction Ciblée
Face à ces défis, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel NGANOU DJOUMESSI, a annoncé que l’année 2026 sera placée sous le sceau des interventions d’urgence et de la reconstruction ciblée. Ces efforts seront menés avec l’appui indispensable des partenaires techniques et financiers, soulignant la nécessité d’une mobilisation collective pour inverser la tendance.
Le bilan présenté au 31 décembre 2025 révèle des avancées, mais aussi des retards significatifs par rapport aux objectifs fixés par la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) :
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Indicateur
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Objectif Intermédiaire SND30
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Réalisé au 31/12/2025
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Déficit
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Nouvelles routes bitumées
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3 600 km
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2 442 km
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1 158 km
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Routes réhabilitées
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1 800 km
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832 km
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968 km
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Plusieurs axes structurants ont déjà été réceptionnés, parmi lesquels Batchenga–Ntui–Yoko–Tibati, Sangmélima–Djoum ou Maroua–Mora. Cependant, le ministre a reconnu que les performances restent mitigées, souvent en raison de difficultés financières, de l’insécurité, des aléas climatiques et des lenteurs décisionnelles.
Optimisme et Nouvelles Orientations
Malgré ces contraintes, Emmanuel NGANOU DJOUMESSI se veut optimiste. Les chantiers en cours sur des axes comme Mora–Dabanga–Kousseri, Ngaoundéré–Garoua, Maroua–Moutourwa ou encore Ndu–Nkambe–Misaje devraient permettre, à court terme, une hausse sensible du linéaire bitumé.
Les échanges lors de la conférence ont également mis l’accent sur des axes d’amélioration cruciaux :
- L’amélioration de la gouvernance des projets.
- L’usage accru des matériaux locaux.
- La maîtrise budgétaire.
- L’intégration systématique de l’approche HIMO (Haute Intensité de Main-d’Œuvre).
Sur le plan financier, le MINTP affiche un taux d’exécution de 99,7 % des ressources internes en 2025, malgré une baisse globale du budget à 611 milliards FCFA. Cette performance témoigne d’une gestion rigoureuse des fonds disponibles.
Dans un environnement économique contraint, cette conférence se positionne comme un tournant opérationnel. Plus qu’un simple bilan, elle dessine les contours d’une relance routière attendue, condition essentielle au désenclavement des régions, à la fluidité de la mobilité des personnes et des biens, et in fine, à la compétitivité de l’économie camerounaise.